Comité social et économique (CSE)

Sommaire

Dans toutes les entreprises concernées, les fonctions de délégués du personnel (DP), du comité d'entreprise (CE) et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sont réunies en une seule instance : le comité social et économique (CSE). Cette nouvelle instance a été créée par l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 dont les dispositions sont entrées en vigueur le 1er janvier 2018. Connaissez-vous les modalités de fonctionnement de cette instance ? On vous dit tout.

Entreprises concernées par la mise en place du comité social et économique

Un CSE doit être instauré, depuis le 1er janvier 2018, dans toutes les entreprises d'au moins 11 salariés (article L. 2311-2 du Code du travail dans sa version applicable depuis le 1er janvier 2018).

La durée des mandats des représentants du personnel en cours peut être prorogée ou réduite afin qu'elle corresponde à la date de mise en place maximale. Cela peut être fait par accord collectif ou décision de l’employeur après consultation du CE ou à défaut des DP.

Ainsi, une telle mise en place peut, jusqu'à cette date finale, se faire au terme du mandat de DP, CE, DUP et CHSCT, lors du renouvellement de l’une de ces institutions. Dans tous les cas, toute entreprise remplissant les conditions d'effectif doit être dotée d'un CSE le 1er janvier 2020.

Missions du CSE

Ses missions diffèrent selon la taille de l'entreprise.

Entreprises dont l'effectif est d'au moins 11 salariés et d'au plus 49 salariés

Lorsque l'effectif de l'entreprise est d'au moins 11 salariés mais qu'il est inférieur à 50 salariés, les missions de la délégation du personnel au CSE sont les suivantes (articles L. 2312-5 et suivants du Code du travail dans leur version applicable depuis le 1er janvier 2018) :

  • présenter à l'employeur les réclamations individuelles ou collectives relatives aux salaires, à l'application du Code du travail et des autres dispositions légales ainsi que des conventions et accords applicables dans l'entreprise ;
  • contribuer à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail dans l'entreprise et réaliser des enquêtes en matière d'accidents du travail ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel ;
  • saisir l'inspection du travail de toutes les plaintes et observations relatives à l'application des dispositions légales dont elle est chargée d'assurer le contrôle.

Entreprises dont l'effectif est d'au moins 50 salariés

Les membres du CSE, dans une entreprise de 50 salariés au moins, ont les mêmes missions que celles dévolues au CSE d'une entreprise d'au moins 11 salariés. Pour autant, leur mission est plus vaste (articles L. 2313-1 et suivants du Code du travail dans leur version applicable depuis le 1er janvier 2018) :

  • ils assurent une expression collective des salariés permettant la prise en compte permanente de leurs intérêts dans les décisions relatives à la gestion et à l'évolution économique et financière de l'entreprise, à l'organisation du travail, à la formation professionnelle et aux techniques de production ;
  • ils sont informés et consultés sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise (mesures de nature à affecter le volume ou la structure des effectifs, modification de l'organisation économique ou juridique, conditions d'emploi et de travail, introduction de nouvelles technologies, etc.) ;
  • ils procèdent à l'analyse des risques professionnels auxquels peuvent être exposés les travailleurs, notamment les femmes enceintes, ainsi que des effets de l'exposition aux facteurs de risques professionnels ;
  • ils contribuent notamment à faciliter l'accès des femmes à tous les emplois, à la résolution des problèmes liés à la maternité, l'adaptation et à l'aménagement des postes de travail afin de faciliter l'accès et le maintien des personnes handicapées à tous les emplois au cours de leur vie professionnelle ;
  • ils peuvent susciter toute initiative qu'ils estiment utile et proposer notamment des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes ;
  • lors des visites de l'inspection du travail, ils sont informés d'une telle présence par l'employeur et peuvent présenter des observations ;
  • ils disposent d'un droit alerte leur permettant de saisir l'employeur ;
  • ils peuvent faire appel à un expert en cas de risque grave concernant un accident du travail, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel, ou en cas d'introduction de nouvelles technologies ou de projet important visant à modifier les conditions de travail, de santé ou de sécurité.

D'autres missions s'ajoutent à celles-ci lorsque l'effectif de l'entreprise atteint 300 salariés.

Composition du CSE

Nombre de membres au CSE

Le CSE comprend l'employeur et une délégation du personnel comportant un nombre de membres qui diffère en fonction de l'effectif de l'entreprise (articles L. 2314-1 et suivants du Code du travail dans leur version applicable depuis le 1er janvier 2018).

La délégation comporte un nombre égal de titulaires et de suppléants. Le nombre de membres peut être augmenté par accord entre l'employeur et les organisations syndicales intéressées. 

À défaut de protocole d'accord préélectoral, le décret n° 2017-1819 du 29 décembre 2017 fixe le nombre de délégués titulaires en fonction de l'effectif de l'entreprise (article R. 2314-1 du Code du travail) :

Effectif (nombre de salariés) Nombre de titulaires
11 à 24 1
25 à 49 2
50 à 74 4
75 à 99 5
100 à 124 6
125 à 149 7
150 à 174 8
175 à 199 9
200 à 249 10
250 à 399 11
400 à 499 12
500 à 599 13
600 à 799 14
800 à 899 15
900 à 999 16
1000 à 1249 17
1250 à 1499 18
1500 à 1749 20
1750 à 1999 21
2000 à 2249 22
2250 à 2499 23
2500 à 2999 24
3000 à 3499 25
3500 à 4249 26
4250 à 4749 27
4750 à 4999 28
5000 à 5749 29
5750 à 5999 30
6000 à 6999 31
7000 à 8249 32
8250 à 8999 33
9000 à 9999 34
10000 35

Chaque organisation syndicale représentative dans l'entreprise ou l'établissement peut désigner un représentant syndical au comité, lequel assiste aux séances avec voix consultative. Toutefois, dans les entreprises de moins de 300 salariés et dans les établissements appartenant à ces entreprises, c'est le délégué syndical qui est, de droit, représentant syndical au CSE (article L. 2143-22 du Code du travail dans sa version applicable depuis le 1er janvier 2018).

Durée et fin des mandats

Les membres du CSE sont élus pour 4 ans (articles L. 2314-33 et suivants du Code du travail dans leur version applicable depuis le 1er janvier 2018). Un accord collectif peut toutefois prévoir une durée différente comprise entre 2 et 4 ans. Le nombre de mandats successifs est limité à 3 dans les entreprises d'au moins 50 salariés. 

Pour les entreprises de moins de 50 salariés, le nombre de mandat n'est pas limité. S'agissant des entreprises ayant un effectif compris entre 50 et 300 salariés, les partenaires sociaux sont autorisés à réduire ou augmenter le nombre de mandats successifs autorisés via le protocole d'accord préélectoral.

Cette mesure s'applique aux protocoles d'accords préélectoraux conclus à partir du 1er janvier 2019. Tout protocole conclu à ce titre ne vaudra que pour l'élection pour laquelle il est conclu (décret n° 2018-920 du 26 octobre 2018).

Tout membre de la délégation du personnel du comité social et économique peut être révoqué en cours de mandat sur proposition faite par l'organisation syndicale qui l'a présenté avec l'accord obtenu au scrutin secret de la majorité du collège électoral auquel il appartient.

Moyens du CSE : heures de délégation

Les membres élus du CSE bénéficient d'heures de délégation pour exercer leur mission. Le nombre d'heures varie en fonction de l'effectif de l'entreprise et du nombre de membres de la délégation.

A défaut de protocole d'accord préélectoral, le nombre d'heures est fixé par l'article R. 2314-1 du Code du travail selon le tableau suivant :

Effectif de l'entreprise Nombre de titulaires Nombre mensuel d'heures de délégation par titulaire
11 à 24 1 10
25 à 49 2 10
50 à 74 4 18
75 à 99 5 19
100 à 124 6 21
125 à 149 7 21
150 à 174 8 21
175 à 199 9 21
200 à 249 10 22
250 à 399 11 22
400 à 499 12 22
500 à 599 13 24
600 à 799 14 24
800 à 899 15 24
900 à 999 16 24
1000 à 1249 17 24
1250 à 1499 18 24
1500 à 1749 20 26
1750 à 1999 21 26
2000 à 2249 22 26
2250 à 2499 23 26
2500 à 2999 24 26
3000 à 3499 25 26
3500 à 3749 26 27
3750 à 3999 26 27
4000 à 4249 26 28
4250 à 4749 27 28
4750 à 4999 28 28
5000 à 5749 29 29
5750 à 5999 30 29
6000 à 6749 31 29
6750 à 6999 31 30
7000 à 7499 32 30
7500 à 7749 32 31
7750 à 8249 32 32
8250 à 8999 33 32
9000 à 9749 34 32
9750 à 9999 34 34
10000 35 34

Il est possible de cumuler des heures sur 12 mois, mais dans une certaine limite : un élu ne peut pas utiliser plus de 1,5 fois le crédit d’heure mensuel au cours d’un mois.

Par ailleurs, les heures de délégation sont mutualisées entre les membres : les élus peuvent se répartir les heures entre eux (membres titulaires entre eux ou avec les membres suppléants) mais cette mutualisation est limitée (elle ne peut pas conduire un élu à disposer dans le mois de plus de 1,5 fois le crédit d’heures de délégation dont bénéficie un membre titulaire. 

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