Déclarer un accident du travail

À jour en Décembre 2017

Écrit par les experts Ooreka
Déclarer un accident du travail

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Si un salarié est victime d'un accident survenu à l’occasion de son travail, employé et employeur doivent le déclarer.

Voici les démarches à effectuer pour déclarer un accident du travail.

1 Assurez-vous qu'il s'agit bien d'un accident du travail

L’accident du travail est un sinistre survenu brutalement par le fait ou à l’occasion du travail et qui a entraîné des blessures physiques ou psychiques (article L411-1 du Code de la sécurité sociale).

C’est au salarié de prouver : l’événement, sa survenue à l’occasion du travail et la lésion qui en a résulté. Lorsque ces 3 éléments sont réunis, le salarié bénéficie de la présomption d’accident du travail (article L411-1 du Code de la sécurité sociale).

Vérifiez donc que les éléments le caractérisant sont réunis :

  • Le caractère soudain de l'accident qui le différencie de la maladie professionnelle qui se caractérise au contraire par son caractère lent et évolutif.
  • Il est survenu sur le lieu de travail. Le lieu de travail est apprécié de façon très large : lieux où s’effectue le travail proprement dit, mais aussi tout endroit situé dans l’enceinte de l’entreprise (cantine, parking, atelier, chantier, vestiaire, etc.). L’accident de trajet entre la résidence principale et le lieu de travail est donc assimilé à un accident du travail.
  • Il est survenu pendant le temps de travail : il suffit qu’il survienne à un salarié alors qu’il est soumis à l’autorité de son employeur. Ainsi, pourront être reconnus comme tel des accidents survenus alors qu’un salarié est en voyage professionnel,en rendez-vous chez un client ou même encore lorsqu’un salarié fait l’objet d’un malaise au cours d’un entretien avec son supérieur hiérarchique… Le temps de travail englobe les interruptions autorisées, comme la pause.

Les avantages liés à un accident du travail sont nombreux pour le salarié :

  • La gratuité des soins.
  • Le versement du salaire de la journée de l’accident.
  • L’assurance de retrouver son emploi après l’arrêt de travail avec une adaptation de poste en cas de handicap.La délivrance d’une carte de priorité en cas d’invalidité.
  • Le versement au salarié d’une rente à vie ou d’un capital en cas d’incapacité permanente ou en cas de décès à ses ayants droit.

2 Formalités à accomplir par le salarié

Les démarches à accomplir doivent l'être très rapidement.

Informez l'employeur

  • Vous avez 24 heures pour informer ou faire informer votre employeur de l'accident.
  • Vous pouvez le faire de vive voix mais il est conseillé de le confirmer par lettre recommandée AR.
  • Précisez les lieux et les circonstances.
  • Pensez, si cela est possible, à relever l'identité des témoins ayant assisté à l'accident. Cela pourra être utile en cas d'enquête de la CPAM.

Consultez un médecin

Vous devez consulter un médecin pour faire établir un certificat médical : le certificat médical initial. Ce document doit décrire avec précision :

  • l'état de la victime ;
  • le siège et la nature des lésions avec les symptômes constatés ;
  • les séquelles fonctionnelles.

Il indique également la durée des soins et, éventuellement, de l'arrêt de travail.

C'est le médecin qui adresse directement les volets 1 et 2 de ce certificat à la caisse d'assurance maladie de la victime.

Adressez le certificat à votre employeur

Si vous êtes arrêté, vous devez adresser aussi à votre employeur le certificat d'arrêt de travail que vous aura remis votre médecin.

À savoir : pendant votre arrêt, vous pouvez rencontrer le médecin du travail pour une « visite de pré-reprise ».

3 Formalités à accomplir par l'employeur

Afin de permettre au salarié de bénéficier d'une prise en charge de la Sécurité sociale, l'employeur doit accomplir un certain nombre de démarches obligatoires.

Démarches à l'égard du salarié

L'employeur doit immédiatement remettre au salarié victime de l'accident une feuille d'accident (S6201) lui permettant de se faire soigner gratuitement sans avoir à faire l'avance des frais.

Démarches à l'égard de la Sécurité sociale

Dans le cadre d'un accident de travail suivi d'un arrêt de travail, l'employeur doit déclarer l'accident de travail et l'arrêt de travail via un signalement d'événements sur sa plateforme DSN.

La DSN permet en effet de déclarer les attestations de salaire (indemnités journalières) liées à un accident de travail via le signalement « arrêt de travail ».

L'employeur n'est plus contraint de rédiger une attestation de salaire. Il doit simplement créer un signalement d'événement « arrêt de travail » :

  • dans un délai de 5 jours dès connaissance de l'événement « arrêt de travail » si l'employeur ne pratique pas la subrogation ;
  • au plus tard en même temps que la DSN mensuelle en cas de subrogation.

Bon à savoir : l'accident du travail non suivi d'un arrêt de travail n'est pas obligatoirement déclaré en mode DSN. L'employeur peut continuer à utiliser la procédure en vigueur avant la mise en place de la DSN.

L'employeur est tenu d'effectuer la déclaration d'arrêt de travail (DAT) dans les 48 heures qui suivent l'accident de travail et de la transmettre :

Note : dans le cadre d'accidents bénins, c'est-à-dire n'entraînant ni arrêt de travail ni soins médicaux, l'employeur peut être dispensé de déclaration par la caisse régionale d'accident maladie. Il lui suffit alors d'inscrire l'accident sur le registre des accidents bénins et de lui envoyer à la fin de chaque année civile.

Bon à savoir : les particuliers employeurs et les employeurs ayant recours aux titres d'embauche simplifiés ne sont pas concernés la DSN. Ils doivent déclarer l'accident du travail via la déclaration d'accident du travail (DAT) selon formalités précitées.

4 Attendez l'instruction du dossier par la CPAM

Une fois informée, la CPAM va recueillir tous les éléments nécessaires à l’appréciation des droits du salarié.

  • À réception de la déclaration d'accident et du certificat médical descriptif des lésions, la caisse dispose de 30 jours au maximum pour instruire le dossier en vue d'une décision de reconnaissance ou de rejet du caractère professionnel de l'accident.
  • Si la complexité du dossier l'exige, le délai peut être prolongé de 2 mois à condition d'en informer par écrit la victime et l'employeur. En l'absence de décision à l'échéance du délai d'instruction, le caractère professionnel de l'instruction est automatiquement reconnu.
  • Pendant l’instruction du dossier, la caisse peut procéder à une enquête. Elle peut ainsi demander des témoignages (victime, employeur, témoins, gendarmerie), consulter des experts (praticiens conseils, ingénieurs conseils), visiter les lieux…

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